Le jardin d’enfants de la commune de Saint-Gingolph nécessitait un rafraîchissement. Les jeux ne répondaient plus aux normes de sécurité et l’équipement détonnait dans ce coeur de village historique relativement bien préservé.
Le Service des Bâtiments et Monuments historiques (SBMA) a surveillé de près le développement du projet. Le site se trouve en effet dans le quartier classé à l’inventaire fédéral ISOS, dans un espace libre de grande qualité composé de jardins et de prés. Ancien cimetière en lien avec la chapelle de la Sainte-Famille, le périmètre fut ensuite recouvert de jardins, avant sa transformation en place de jeux.
Le projet propose d’en faire le moins possible. Il s’agissait là d’épurer le lieu en enlevant tous les éléments de béton et les revêtements imperméables du précédent aménagement et de retrouver la topographie d’origine, en pente douce. Un simple tapis herbeux réunifie désormais l’espace et met en valeur la chapelle ainsi que le vieux mur qui délimite la parcelle. Les jeux sont au maximum disposés directement dans l’herbe, à moins que les normes liées aux hauteurs de chute nécessite un revêtement amortisseur, en l’occurence du copeau de bois.
Entrer dans le jardin, c’est pénétrer un monde à part. Le mur historique qui le délimite orchestre les rapports entre le dedans et le dehors. Un ponton et une barque installés sur ressort offrent des lieux d’aventures rêvées, de pêches miraculeuses, ou de naufrages évités de justesse…des récits qui ont marqué l’histoire de la communauté gingolaise. Les enfants sont aussi invités à chevaucher un sanglier et un poisson, les animaux totems du village. Balançoires et toboggan, récupéré de l’ancien aménagement, complètent les équipements, s’intégrant dans la topographie du site.
Une clôture en châtaignier local serpente au fond du jardin dans une épaisseur plantée de vivaces, offrant plus de souplesse et de générosité à la limite nord et son mur de deux mètres de hauteur longeant la rue de la Chapelle. Côté rue de Lucerne, un nouveau portail en acier remplace l’ancienne palissade opaque en bois traité. Son design s’inspire des portails menant aux jardins potagers de la rue de Lucerne, avec leur barreaudage vertical finissant de façon libre sur la partie haute.
Pommiers, poiriers et cerisiers sont parsemés entre les éléments de jeux, offrant ombrage et délices sucrés aux visiteurs.
Des chaises rappelant le jardin parisien du Luxembourg sont à disposition des visiteurs, déplaçables à souhait, au gré des envies de solitude ou de socialisation, de soleil ou d’ombre. Leur teinte coquelicot a donné le ton pour unifier l’ensemble du mobilier, composé d’éléments recyclés et nouveaux : cette couleur est reprise sur les parties métalliques des jeux.